MEDAM est le pendant de MEDAMP, l’observatoire sur la protection de la biodiversité : www.medamp.org

Les atteintes au milieu marin

En tête du palmarès : la destruction irréversible des petits fonds par les constructions gagnées sur la mer.

La destruction de l’habitat est au sommet de la hiérarchie des atteintes à la biodiversité planétaire avant même les impacts des invasions d’espèces allogènes, des pollutions chimiques ou bactériologiques et des surexploitations des ressources vivantes naturelles. Les impacts induits par les changements climatiques majeurs devront bientôt être considérés dans ce classement (Chapin et al. 2000).

Dans ce contexte, la considération de la destruction des petits fonds marins par les constructions gagnées sur la mer et les bouleversements induits par l’artificialisation du trait de côte devaient être évalués pour être, dans l’avenir, mieux suivis et limités. Evaluer le cumul de ces destructions irréversibles d’habitats est l’objectif de MEDAM.

Mais les espèces et écosystèmes marins subissent aussi localement d’autres types d’atteintes à la biodiversité. Pour limiter ces autres atteintes, des efforts collectifs remarquables ont été déployés ces dernières décennies aux niveaux scientifique, administratif ou législatif.

Les atteintes du milieu marin affectant notre santé ou notre économie

Il convient de souligner que pour le domaine marin, les principales atteintes citées, considérées et médiatisées concernent avant tout celles liées à la préservation de notre santé et de notre économie. Ainsi, les gestionnaires du milieu marin gèrent plus particulièrement les pollutions bactériennes ou chimiques affectant la qualité des eaux de baignade ou les productions halieutiques. Au niveau régional, national ou européen des mesures de contrôle multiples, des réseaux d’observation et une législation de plus en plus restrictive conduisant à réduire les sources de polluants ont été mis en place.

Par ailleurs, des efforts sont engagés pour la prévention et le traitement des pollutions affectant l’aspect naturel des côtes comme les marées noires ou l’accumulation de détritus solides (macrodéchets) sur les plages, qui sont toujours très dommageables pour l’économie touristique.
Enfin, des efforts communautaires sont menés pour réguler la surpêche et préserver l’économie de la pêche par une meilleure gestion des ressources halieutiques.

Ces pollutions et la surexploitation des espèces marines font l’objet de la grande majorité des publications scientifiques. Toutes ces pollutions sont réversibles et les effets les plus délétères sur les milieux et espèces sont le plus souvent très localisés.

La préservation des milieux et espèces

En dehors des préoccupations liées à des intérêts sanitaires, touristiques ou de production halieutique, les milieux marins naturels remarquables et les espèces marines en danger font aussi l’objet d’attentions mais les efforts consentis dans ces domaines par les collectivités évoluent peu dans le temps. Ainsi, le nombre de zones marines strictement protégées (sanctuaires surveillés où aucun prélèvement n’est autorisé) n’a guère évolué devant les côtes françaises de la Méditerranée depuis un inventaire quantitatif effectué en 1983 (Meinesz et al.. 1983) et le nombre de spécialistes du milieu marin en systématique et en écologie s’est considérablement réduit dans les stations marines universitaires.

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Photos

Afin de visualiser l'évolution du littoral au niveau des zones où des ouvrages ont été gagnés sur la mer, une banque de données iconographiques a été créée.

1302 photographies sont disponibles sur ce site et l'incrémentation de cette banque est continuelle. Les photographies peuvent être récentes ou anciennes (les vues d'un littoral avant son aménagement sont recherchées). Les photographies peuvent être prise en avion ou au niveau du littoral (en mer ou sur terre).

Les images disponibles sont de faible résolution. Les auteurs sont cités et peuvent éventuellement être contactés par mail (liste des auteurs). Des documents nouveaux sont bienvenus : contactez nous pour les mettre en ligne ! (objectifs, procédure, conditions)

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Cartographie

Accès cartographique de la base de données permettant de visualiser les contours de l’ensemble des ouvrages gagnés sur la mer et tous les tracés des limites bathymétriques et administratives.

Aménagements

Accès aux caractéristiques, descriptif, année de construction, illustrations et localisation de chaque aménagement gagné sur la mer > à 100 m².

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Accès à la base de données historique : la construction de chaque ouvrage ou partie d’ouvrage a été datée. Elle permet de visualiser sur 487 histogrammes proposés l'évolution dans le temps des constructions sur la mer et ses impacts par découpage administratif (pays, région, département ou masse d’eau DCE).

Le bilan

Pour l’ensemble des côtes françaises de la Méditerranée (hors Monaco et étang de Berre) (voir les « détail » pour des particularités remarquables régionales ou plus locales).

MEDAM Inventaire :

Linéaire du littoral initial : 2 062 km (> voir détail)

Surface des petits fonds avant tout aménagement sur la mer (> voir détail) :

Entre 0 et -10 m : 80 723 ha soit 807 km²
Entre -10 m et -20 m : 88 046 ha soit 880 km²
Entre 0 et -20 m : 168 769 ha soit 1 688 km²
Entre -20 et -50 m : 330 030 ha soit 3 300 km²

Nombre d'aménagements (>100 m²) gagnés sur la mer : 1 137 (> voir détail)

Linéaire artificialisé par ces aménagements : 246,73 km (> voir détail)

Surface gagnée sur la mer par ces aménagements (> voir détail) :

Entre 0 et -10 m : 5 230,47 ha
Entre -10 m et -20 m : 614,29 ha
Entre 0 et -20 m : 5 844,76 ha

MEDAM Impacts :

Taux d'artificialisation du littoral (linéaire) : 11,44 % (> voir détail)

Taux de destruction irréversible des petits fonds par les aménagements gagnés sur la mer (> voir détail) :

Entre 0 et -10 m : 5,40 %
Entre -10 m et -20 m : 0,70 %
Entre 0 et -20 m : 3,16 %

Evolution :

Fait marquant, ralentissement très net des aménagements construits sur la mer à partir de 1985  (> voir détail).